Quand on interprète un partage d’information utile comme une insulte - ou encore - Dérapage débile causé par un pourriel
Pas plus tard que cette semaine, je vous ai concocté un billet qui traitait de la question du spam par le biais du courrier électronique. J’ai évoqué au point 7 qu’un aspect du problème était directement lié à ce que notre entourage immédiat nous transmet parfois (dans mon cas) comme cochonnerie, ou trop souvent pour les autres qui n’osent pas faire état de leur ras-le-bol aux personnes concernées par l’envoi de ces courriels indésirables.
Au point 7, toujours, je décrivais que je réponds de façon systématique à ces courriels en respectant toujours grosso modo le même squelette qui se résume par :
- Indiquer à la personne que le courriel qu’elle m’a fait parvenir est ce qu’on appelle communément un spam.
- Je lui refile un lien en provenance d’un site web crédible en la matière (plus ou moins 100% du temps, ça signifie Hoaxbuster) qui démontre que le message spécifique qu’elle m’a transmis a été effectivement classé comme relevant du domaine de la pollution électronique.
- Je lui suggère qu’à l’avenir, avant de se précipiter à transmettre un courriel de ce type à toute sa liste de contacts, qu’elle vérifie la véracité du contenu sur Hoaxbuster, une affaire de quelques secondes mais qui sert grandement la cause de la rigueur intellectuelle.
- Je lui demande gentiment de ne plus me transmettre ce type de courriel à l’avenir car je considère ça comme une perte de temps inutile et que les pourriels me procurent une sensation d’irritant naturel qui mérite d’être combattue.
J’ai toujours été une partisane de l’efficacité et nécessairement, de la résolution d’un problème à la source. Je ne fais pas que détester recevoir du spam et me plaindre à tout le monde sauf aux personnes concernées qui m’en envoient. On peut faire preuve de fermeté sans nécessairement adopter un ton désagréable et moi, je me dis que c’est en transmettant au plus de gens possible l’information pertinente pour les sensibiliser au problème que c’est constructif et nécessaire d’adopter une telle attitude. On ne règle jamais rien en se fermant la gueule. Bref.
Pour faire une longue histoire courte, j’ai reçu à quelque part au cours de la présente fin de semaine une de ces fameuses fausses histoires vraies par courriel. Ma coupable était une spammeuse avisée car on ne retrouvait pas les habituels “Fw” et/ou “Re:” dans le sujet du message. (Question de préciser : la spammeuse en question avait fait partie très brièvement de ma liste de contacts MSN il y a de ça bien longtemps, notre dernière conversation s’était terminée sur un sentiment de mépris mutuel envers l’autre et c’est pourquoi je trouvais ça curieux de recevoir un courriel de sa part… et également pourquoi j’ai effectué ce choix de mots pour la désigner.)
En gros, le canular relatait qu’une dame avait été dans un restaurant X et avait pris un biscuit pour dessert qu’elle a trouvé absolument délicieux. La dame s’informe auprès de la serveuse sur la possibilité d’obtenir la recette de ces biscuits pour qu’elle puisse en faire chez elle. La serveuse lui procure la recette des biscuits en question et la dame règle la note du repas à l’aide de sa carte de crédit. Quelques semaines plus tard, en recevant son relevé, elle remarque qu’on lui a facturé des frais de l’ordre de 250$ pour des droits reliés à l’obtention de la fameuse recette de biscuits qu’elle ne réussira pas à se faire rembourser par le restaurant en question qui lui explique qu’il serait stupide d’offrir gratuitement la recette de ses biscuits à n’importe qui le demandant. C’est en réaction à cet épisode que la dame désire transmettre la recette en question au plus grand nombre de gens possible, gratuitement, pour “écoeurer” le restaurant. À la fin du courriel, il y a effectivement une recette de biscuits avec les indications pertinentes pour la réaliser.
Au premier coup d’oeil, j’ai su que c’était une autre cochonnerie de pourriel dont j’aurais pu me passer. Je confirme ma certitude sur le site de Hoaxbuster et copie l’adresse du lien qui en fait foi. Comme à mon habitude, je suis dans l’ordre les étapes énumérées plus haut en guise de réponse à la spammeuse, sans oublier bien sûr de changer le sujet du message pour qu’elle soit incitée à l’ouvrir. Je trouve que ma démarche de transmission d’informations sur le sujet + le fait d’expliquer brièvement en quoi le site de Hoaxbuster a une utilité plus que pertinente dans le domaine est un geste légitime et responsable. J’use de fermeté dans mon propos tout en essayant d’avoir l’air sympathique en misant sur un peu de légèreté dans le ton adopté et agrémentant le courriel d’un ou deux “smileys” pour montrer que c’est dans une humeur positive et dans un souci du respect de la rigueur intellectuelle que s’inscrivait ma démarche de transmission de cette information qui pourrait lui être potentiellement très utile dans l’avenir.
(Moi aussi, il y a quelques années, j’étais au un niveau débutant et j’avais la naïveté qui venait avec ainsi que le facteur âge de la pré-ado que j’étais qui entrait en ligne de compte. Quand un contact m’avait transmis de l’information équivalente sur le sujet tel que je le pratique maintenant, j’étais contente qu’il ait pris la peine de le faire et je trouvais ça génial qu’il me fournisse en plus des adresses de sites web en guise de ressource sur cette question. J’aime bien mieux qu’on me le dise si j’agis bêtement et qu’on m’explique en quoi ça l’est, pour que je puisse rectifier le tir au lieu de persister dans la mauvaise voie. On appelle ça de la critique constructive.)
Pour revenir à la spammeuse fautive, j’étais déjà au courant que nous avions des valeurs et tenions des discours qui étaient diamétralement opposés mais là, j’ai su que cette réalité s’appliquait de façon unilatérale dans toute sphère possible de ce qui constitue la personnalité d’un individu. Visiblement, elle a interprété mon message comme étant n’importe quoi sauf de la critique constructive. Elle semble l’avoir interprété comme étant une attaque personnelle de fille frustrée.
Étant (et j’insiste!) tout le contraire de moi, c’est nécessairement avec une immaturité stratosphérique qu’elle m’a pondu un bref courriel qui faisait état de sa réaction à ce que je lui ai envoyé. En prenant bien soin de favoriser un niveau de langage médiocre, elle me fit comprendre qu’elle me trouvait débile de lui avoir envoyé le courriel que je lui ai envoyé car elle jugeait qu’il était tout sauf pertinent et qu’elle n’avait pas de temps à perdre à vérifier ce genre de trucs pour décider si elle transfèrera ou non un message dans ce genre-là. (J’en conclus donc qu’elle se fout de transmettre des histoires fausses ou des informations erronées à sa liste de contact et qu’elle n’accorde donc aucune importance à ce qu’elle dégage au niveau de sa crédibilité.) Elle ajoute que je suis complètement déconnectée et insinue que c’était évident que le but du courriel était de transmettre la recette de biscuits. (N’importe quoi pour ne pas admettre qu’on s’est fait avoir… car on s’entend que si elle ne l’avait envoyé que pour partager la recette, elle aurait uniquement conservé cette partie du message et supprimé le reste au lieu de laisser le tout intact qui incluait également les 4 dernières personnes (et leur liste de contacts respective) qui l’avaient transmis, ce qui a fait en sorte que ça s’est rendu jusqu’à elle et jusqu’à moi.) Elle me précise en passant que “t’sais, c’est parce que genre moi, je l’ai essayée, la recette, pis elle est vraiment bonne fait que hein, genre… ta yeule.” (J’ai caricaturé un peu mais vous voyez le genre ?) Elle sentait assurément la frustration monter en elle à une vitesse qui était directement proportionnelle avec le nombre de caractères qui augmentaient à mesure qu’elle rédigeait son message. C’est pourquoi elle n’a pu se retenir de me vomir littéralement un édifiant : “Ah pis mange donc des criss de biscuits à la marde!” (Il s’agissait ici de la citation exacte.) Elle termine en me sommant de la supprimer de ses contacts (ce qui était déjà fait depuis très longtemps) et qu’elle se ferait un plaisir de faire la même chose de son côté à mon égard. Elle couronne le tout avec son nom et l’ajout d’une signature qui se voulait sarcastique en se qualifiant grosso modo de “grosse méchante pas fine qui ne ressent pas le besoin de se prouver en vérifiant si les spams qu’elle reçoit son bel et bien du spam”.
Comme à chaque fois que je suis devant une telle démonstration de mauvaise foi, je suis dépassée. Je ne peux pas croire qu’on puisse faire preuve d’une fermeture aussi hermétique à la critique et/ou à de nouvelles connaissances constructives.
En tout cas, ce fait vécu ne peut que me donner une raison de plus pour continuer de combattre ce fléau qu’est le pourriel : Non seulement le pourriel est une plaie en soi mais comme il reste encore beaucoup d’éducation à faire à ce sujet, le fait d’indiquer à quelqu’un qu’il nous a malencontreusement transmis un pourriel et de lui parler d’un outil qui pourrait prévenir ça à l’avenir peut donner lieu à des dérapages incroyables et complètement irrationnels.
Le spam n’est rien d’autre qu’une énième source de problème dont on pourrait largement se passer. Je ne vois pas comment on pourrait obtenir quoi que ce soit de positif à partir d’un pourriel alors que ce dernier construit son existence autour de la fraude intellectuelle ou si vous préférez, du domaine de l’arnaque et du champ lexical qui lui est rattaché. Ni plus ni moins. CQFD.
En conclusion, c’est un argument de plus en faveur de l’importance de développer son esprit critique et de s’en servir de façon continue. Il faut également accorder une importance à la rigueur quand on transmet une information à d’autres, peu importe le canal qu’on utilise.
Pour moi, diffuser un message au plus grand nombre sans prendre la peine de vérifier au préalable si l’information du contenu est crédible ou fausse, c’est un manque de respect flagrant envers les personnes à qui l’on s’adresse. C’est irresponsable ne pas s’inquiéter que ce qu’on envoie, c’est peut-être n’importe quoi, surtout si le message contient une consigne à suivre…
Je me rappelle d’un spam qui véhiculait, à une certaine époque, qu’il y avait un important virus qui circulait et qui faisait des ravages impardonnables sur les ordinateurs quand il était activé et qui disait aux gens de faire une recherche dans leur ordinateur pour voir s’ils avaient un fichier appelé (mettons) XYZ.sys . Si vous ne l’aviez pas, vous pouviez dormir sur vos deux oreilles mais par contre, si vous le trouviez, il fallait le supprimer immédiatement car il s’agissait du fichier qui contenait le virus informatique.
La vérité, c’est que tout ordinateur qui était muni d’un système d’exploitation Windows contenait nécessairement le fichier XYZ.sys ... et qu’en le supprimant, tu venais de supprimer un fichier qui servait en réalité au “débogage” de JavaScript. Heureusement, ceux qui ont suivi à la lettre les recommandations de ce courriel n’ont pas eu de conséquences négatives car le fait de supprimer ce fichier-là ne causait aucun impact réel sur le bon fonctionnement d’un ordinateur et de l’utilisation qu’on pouvait en faire. Les gens qui étaient en arrière de ce pourriel voulaient simplement avoir un aperçu de la proportion de gens qui tomberaient immédiatement dans le panneau sans même considérer la possibilité que le contenu pourrait être malintentionné.
Imaginez si le fichier identifié comme dangereux avait été un fichier qui permettait à votre ordinateur d’être fonctionnel et qu’en le supprimant, vous perdiez toutes vos données de façon définitive et vous voyiez alors dans l’obligation de tout réinstaller à partir de zéro. Là, ça aurait été moins drôle.
Il ne faut pas prendre pour acquis que tout ce qu’on nous envoie, qu’on lit ou que ce qu’on nous dit est automatiquement vrai, même si ça vient d’un ami car il y a plus de chances qu’il n’ait pas pris le temps de vérifier la crédibilité du contenu du message avant de vous l’envoyer que le contraire. Vigilance constante.




Dimanche, 27 janvier 2008 à 10:39
Oui il y a la mauvaise foi des gens, mais surtout il y a une naïveté épouvantable en matière d’Internet. Je me rappelle il y a quelques années où un courriel circulait à l’effet que le produit pour laver les planchers Swiffers était toxique et avait tué entre autre un chien qui avait léché le plancher fraîchement lavé. J’ai eu plusieurs discussions à mon travail sur ce cas et j’essayais tant bien que mal de démontrer aux gens que c’était totalement faux, une légende urbaine tout simplement. Et bien malgré tous mes arguments qui étaient quand même solides, la majorité me répondaient : “Bah, en tout cas, j’en achèterai plus, j’aime mieux ne pas prendre de chance”. Je rageais !!!
Quand on joue sur les émotions des gens, que ce soit la peur, colère ou attendrissement, c’est fou comment les gens en perdent leur jugement !
Dimanche, 27 janvier 2008 à 5:08
souvent les gens ne sont pas habitué de se faire remmetre à leur place, ils ne réalisent pas ce qu’ils font aux autres en pensant que c’est rien du tout mais lorsque c’est porté à leur attention en pleine face on dirait qu’il prenne cela personnellement et te dise de manger des biscuits à la marde
Lundi, 28 janvier 2008 à 9:46
Je suis de facon générale assez habile pour débusquer les spams. Certains collègues m’ont même donné le titre de “SpamProofer”, me demandant souvent mon avis sur un courriel qu’ils ont recu….
Je me suis par contre fait avoir la semaine dernière avec une application de “Facebook”….
On m’a annocé en grandes pompes qu’une personne parmi mes amis avec un “secret crush” sur moi. Wow!!! Ca flatte dans le sens du poil, spécialement que je suis célibataire.
J’apprends par la suite que je dois inviter des amis à ajouter cette application de “secret crush” afin de vérifier quelle est mon admiratrice secrète.
Là je recule un peu…..J’ai quand même une quinzaine “d’amies” sur Facebook. Que se passerait-il si j’envoyais une telle invitation à une personne qui n’est pas intéréssée à aller plus loin. Malaise en vue.
Je décide tout de même de faire une petite recherche Google sur ces “secret crushes”
Là je suis devenu bleu!
En initant des gens à ajouter cette application:
On ne savait pas plus qui avait un “crush” sur nous…en fait personne
On autorisait des logiciels de spyware à s’installer sur notre ordi, histoire de nous balancer de la publicité.
%$$*%&#$?%&$(%&*%?&?$
Lundi, 28 janvier 2008 à 5:16
@ Vegekat : Il faut réapprendre aux gens que c’est pas parce que c’est écrit que c’est automatiquement vrai!
Misère…
@ Y-man : Tout à fait. J’en reviens pas encore.
@ grizzlyadmans : Oui, les applications Facebook, je pense qu’on s’est tous fait avoir avec ça et c’est également une plaie. Là, je me suis vraiment écoeurée et j’ai à peu près tout enlevé de mon profil et n’accepte plus rien comme invitations.
J’avais lu ça que l’application Secret Crush était en fait un spyware… mais je l’ai su après l’avoir installé
Comme quoi y’a personne de parfait! looollll Pas que je pensais que c’était vraiment crédbile comme application mais t’sais, quand t’es un peu fifille… HA HA HA
Mardi, 4 mars 2008 à 9:16
excellent billet ! j’adopte moi meme la meme posture quand je recois des spams…mais ces vrai que ces deniers temps le temps manque pour reponde à l’expediteur etc…
maintenant je vais peut être renvoyer un lien vers ce billet tres bien construit…je peux? LOL
à propos des spams d’application, il y a aussi msn qui envoie des programme à toute la liste de contacts, et les non avertis en font les frais…les methodes sont de plus en plus sophistiquées et il faut rester vigilants!
Mardi, 4 mars 2008 à 10:30
@ camille : Merci beaucoup pour tes bons mots! Bien sûr que tu peux envoyer le lien à des gens, ça va me faire plaisir
Tu fais bien d’adopter la même attitude quand tu reçois du spam, si tout le monde s’y met un peu, on va finir un jour par enrayer le phénomène. (Je sais, quelle utopie! lol)
Tu l’as bien dit, la vigilance, c’est la clé!
Merci d’être passée!