C’est tellement vrai que ça me désole
Depuis hier que je lis et relis avec délice (et désolement tout à la fois) le dernier billet dans le blogue de Joseph Facal à propos du débat sur la langue française qui a cours au Québec depuis la plus récente enquête du Journal de Montréal.
J’ai envie de partager avec vous l’extrait le plus frappant de son article qui met en lumière une attitude que je vomis depuis déjà plusieurs années :
“Depuis des générations, une partie de son élite lui prêche qu’il y a toujours moyen de moyenner, qu’il ne faut surtout pas se «chicaner», qu’il faut être «ouvert», «moderne», «tolérant», que toute posture un peu verticale équivaut à vouloir rejouer la bataille des Plaines d’Abraham.”
J’ai envie de hurler ma rage, ma révolte, mon désarroi, mon mépris…
Traductions libres des expressions tirées de l’extrait précédent :
- Il y a toujours moyen de moyenner : Bah! Occupe-toi pas de ça, c’est pas vraiment important, dans le fond. On va vivre avec, qu’est-ce tu veux…
- Il ne faut pas se “chicaner” : Même si je suis convaincue que personne n’aime la chicane, au Québec, on se sert de ça comme excuse à chaque fois qu’on veut justifier notre inaction. L’équivalent de nos mères qui nous disaient, à l’école primaire, quand on se faisait écoeurer méchamment de façon récurrente : “Bah, laisse-les faire, ils vont se tanner.”
- être “ouvert” : Être naïf et croire en tout temps et dans toute situation que “tout le monde est beau et tout le monde il est gentil”
- “moderne” : Accepter de ne pas se faire respecter tout comme ne pas se respecter soi-même : c’est dans l’air du temps.![]()
- “tolérant” : Permettre à tous de profiter de la situation… ou de notre inaction. Ça revient au même.
- “toute posture un peu verticale (…)” : On crie qu’on ne se tient pas assez debout et qu’on est trop mous pour s’affirmer… mais dès que quelqu’un le fait, on le juge et on trouve que c’est un comportement excessif.
J’ai envie d’être sur une scène de théâtre… juste parce qu’il n’y a qu’à un tel endroit qu’il est pertinent de déclamer… pour déclamer ceci :
Désillusion! Désillusion! Ohhhhhhh toi, oh vive désillusion! S’il te plaît, je t’en conjure…. Désillusion… SORS DE CE CORPS !!!




Jeudi, 17 janvier 2008 à 11:14
Tiens donc, très chère, tu me donne une idée de pièce de théâtre. Si tu veux, je t’arrange quelque chose pour que tu puisse déclamer haut et fort cette dernière réplique!
Vendredi, 18 janvier 2008 à 12:40
@ Médiateur Farceur : Ahhhhhh, ça serait oh! combien libérateur! Compte sur moi pour en faire le suivi
Vendredi, 18 janvier 2008 à 11:15
Et le pire c’est que ça ne rejoint pas que la langue française, mais bien notre culture et notre religion.
C’est incroyable.
Vendredi, 18 janvier 2008 à 11:28
@ Mylarie la paploute : Tout à fait. C’est bien ça qui est le plus triste…
Vendredi, 18 janvier 2008 à 5:19
Difficile de réelement faire un lien de causalité mais quand je constate les conditions dans lesquelles les peuples qui sont reconnu pour “se tenir” debout se trouve, je ne suis pas très jaloux.
Différentes mentalités, mais s’agit de regarder l’autre bord de la frontière. Eux y se tiennent debout les américain n’est-ce pas? Ils moyennent pas, pis la chicane ils ont pas peur de ça. Je pense que la qualité de vie et surtout la sécurité est plus grand à Montréal que dans une ville de poids comparable de l’autre coté. Un lien? Peut être..
Tu m’en voudras peut être, mais je préfère encore plier sur des choses qui me semble pas tant importante que d’aller faire la guerre à tout le monde pour n’importe quoi.
On est comme des hobbits, peuple paisible et joyeux qui préfère chanter que se battre
Au vent, le roseau plis tandis que le chêne casse..
Pis si des gens sont trop imbécile et tente de profiter de notre bonté, tant pis pour eux. Pour ma part, je ne me sent pas abusé pour le moment… Quand quelqu’un exagère on le remet a sa place, s’agit de savoir s’il y a exagération.
Cela dit, ça m’empêche pas de changer de commerce si on me parle pas français, mais j’aime pas ce genre de cri du coeur de ta part qui semble réclamé plus de dureté des quebecois. Je vais faire un parallèle un peu boiteux, mais c’est comme les gens qui essai d’imposer le respect par la force.. c’est très très temporaire.
Je préfère prêcher par l’exemple. Dans celui linguistique par exemple, je préfère soigner ma langue, la parler fièrement et l’utilisé, que l’imposer aux autres via des lois. dixit le gars qui fait plein de fautes..
Je représente peut être ce que tu n’aime pas des québecois. Cette propension a détester les conflits. Qui croit qu’on peut réglé les choses en parlant.
Je pense à un exemple : Mon père n’était pas daccord avec le garagiste sur un point, ils se sont parler et en sont arriver a un compromis qui satisfesait les deux. En même temps, un autre homme à côté pas daccord lui aussi sur un point, a hausser le ton, c’est fâché, s’est “tenu debout” dirons certain, lui aussi a finalement reçu ce qu’il désirait. Par contre, après son départ, le garagiste a laché un “La prochaine fois qui viens lui, check ben le service que je vais lui donner…”
Je plaide pour les solutions pacifiques, elles sont les meilleurs dans 98% des cas.
Vendredi, 18 janvier 2008 à 5:20
Ciboire.. j’ai vraiment dit tout et rien dans mon précédent commentaire. J’aurais peut être du reviser mon texte, c’est écrit comme c’est venu.. ça ce tiens pas toute mais bon.
Vendredi, 18 janvier 2008 à 8:13
@ Le wannabe : Humm, je crois que tu as très mal compris mon propos. Pourtant, j’avais pris soin de mettre en gras la partie de la citation de monsieur Facal où il disait que malheureusement, pour plusieurs, “toute posture un peu verticale équivaut à vouloir rejouer la bataille des Plaines d’Abraham.”
Je crois que la citation parle d’elle-même. Ce que ça veut dire, c’est que de s’affirmer n’est pas nécessairement synonyme d’agressivité ou de violence. Quand quelqu’un dans ton entourage fait quelque chose qui te déplaît, tu as le choix entre te taire ou lui signifier simplement, sans être nécessairement impoli, que son comportement te dérange. C’est tout ce que j’essaie de dire.
Lorsque je faisais un parallèle avec les enfants du primaire, c’est parce que je remarque que cette mentalité perdure. Quelqu’un qui n’arrête pas de passer des commentaires désobligeants à ton égard, pas besoin de lui sauter à la gorge pour lui dire que tu trouves ça inacceptable!
On voit toujours ça à l’extrême… c’est pourquoi j’ai détesté ton parallèle avec le peuple américain. Affirmation de soi ne veut pas dire empiéter sur le droit des autres, agression, transgression, asservissement de l’autre. Ça veut simplement dire ce que ça veut dire: s’affirmer. Ni plus, ni moins.
J’espère que ces précisions auront été plus éclairantes
Samedi, 19 janvier 2008 à 8:28
Tu as droit à deux minutes de désillusion, pas plus, car je connais plein de gens qui ne font plus rien parce qu’ils disent avoir déjà cru et avoir perdu l’envie de se battre par désillusion. À ce moment-là, la désillusion devient l’équivalent de ce que tu dénonces, c’est-à-dire une justification pour ne rien faire.
Surtout, garde ta combativité et ton esprit critique; c’est un plaisir de te lire.
Dimanche, 20 janvier 2008 à 6:57
@ Hortensia : Je fais partie de ces gens qui ont milité et ont tout lâché par désillusion… et ce blogue, crois-le ou non contribue franchement à me redonner le goût de retourner militer physiquement. Ça m’a permis de comprendre sur quels terrains je devrais mettre mon énergie en priorité.
Sinon, merci d’être venue laisser ta trace par ces gentils mots, c’est vraiment encourageant