Mais qui voudrait être bénévole pour Nez Rouge ?
En date d’aujourd’hui, Nez Rouge est à la recherche d’au moins 20 000 bénévoles pour mener à bien ses opérations pour la période la plus achalandée du temps des fêtes. L’organisation semble avoir de plus en plus de difficulté à maintenir son bassin de bénévoles.
Êtes-vous surpris?
Moi, pas du tout.
Là, comprenez-moi bien. Ce billet n’a pas pour but de parler en mal de cette organisation, bien au contraire. Nez Rouge est un organisme qui part d’une excellente intention et à mon avis, les gens qui y prennent part comme bénévoles m’apparaissent comme étant de bon coeur, généreux de leur personne, altruistes au possible mais surtout, je les trouve courageux. Ils croient tellement au bienfait de la cause qu’ils en oublient peut-être les risques qui sont liés à ce dévouement.
Ceci étant dit…
Je trouve un peu décourageant qu’un groupe d’individus ait senti le besoin de fonder un organisme comme Nez Rouge. Je crois que ça donne une bonne idée du niveau de maturité moyen des membres de la société québécoise. J’essaie de m’imaginer le groupe d’individus à l’origine de l’organisation qui discute autour d’une table, avant que Nez Rouge soit fondé. De fil en aiguille, ils en viennent à parler du fameux temps des fêtes et du problème récurrent des chauffards ivres sur nos routes qui vient avec.
Reconstitution dramatique d’une partie de la discussion fictive:
Protagoniste 1: “Sérieux, les gens apprennent pas. C’est pareil à chaque !?*$% d’année. C’est le temps des fêtes, ça boit comme des trous pis ça conduit après.
Protagoniste 2: - Ben oui! Ça s’en va dans les partys puis ça pense pas deux secondes que le mot party vient souvent avec état d’ébriété à la fin. Ils le savent qu’ils vont boire comme des trous mais ils se cassent pas la tête avec ça, ils sont tous convaincus qu’ils vont être en état pour revenir avec leur char après.
Protagoniste 3: - Même pas capable de considérer l’éventualité de passer la nuit chez leurs hôtes au cas où ils seraient pas en état.
Protagoniste 1: - Non. Ça pense pas ce monde-là. Ils prennent leur char puis ils se disent qu’ils verront après alors qu’ils savent très bien que paquetés, pas paquetés, pas question de se faire chier à dormir sur un divan ou à retourner chez eux en taxi, quitte à revenir chercher le char le lendemain.
Protagoniste 2: - C’est ben décourageant.
Protagoniste 3: - Ouais, je suis pas mal désillusionné. Va quasiment falloir mettre sur pied un organisme. T’sais, dans le genre: “T’es trop cave pour t’organiser les soirs de party? T’aimes autant ton char que t’aimes te péter la face? On a la solution! Appelle au numéro 1-800 puis y’a du monde qui vont venir te chercher toi pis ton char et veiller à ce que tu rentres chez toi de façon sécuritaire.”
Protagoniste 2: - Je peux pas croire. Je pense qu’on va être carrément obligé de le faire. Fonder un organisme parce qu’il y a trop de tarés qui sont pas capables de se prendre en main alors on va le faire à leur place. Sinon, je vois vraiment pas quelle autre solution on aurait pour régler au moins une partie du problème.
Protagoniste 1: - Ouais. Parce que si on est pour attendre que la population au complet se conscientise, on va attendre beeennnnn longtemps.”
Etc.
Vous me trouvez cynique? Attendez, j’ai pas fini.
Personnellement, je crois que Nez Rouge, malgré son but très louable, n’atteint pas son “public cible” si on peut s’exprimer ainsi. Pourquoi? Parce qu’à mon avis, pour appeler Nez Rouge, ça prend un minimum de responsabilité citoyenne. Par exemple, on avait prévu d’aller à notre party de famille en voiture où on s’emmerde royalement d’habitude alors on ne prévoyait pas y virer une brosse. Sauf que ça s’adonne que cette année-là, on sait pas trop ce qui se passe mais là, on a ben du fun alors on se lâche un peu lousse sur la bouteille. On se pose la question à savoir si on est en état ou pas. N’ayant pas pu trancher fermement d’un côté ou de l’autre sur la question, on décide de faire appel à Nez Rouge. C’est responsable. Ou encore, on est avec des copains et on se laisse aller plus que prévu. On est tenté de prendre notre voiture mais heureusement, on a un cercle d’amis constitué de gens conscientisés qui tiennent à nous et à ceux qu’on pourrait croiser potentiellement sur notre chemin. Ils nous convainquent d’appeler Nez Rouge.
Mais les vrais dangers publics, ce sont ceux qui prennent toujours le volant peu importe la situation et qui ne prennent même jamais la peine de se poser la question à savoir si ils sont en état ou non pour conduire. À la base, c’est eux que Nez Rouge voulait toucher. Sauf que le problème, c’est que ces cas-là sont des causes perdues. Non seulement ils n’ont aucune notion de ce qu’est d’être responsable et nécessairement, ils se tiennent avec des gens à leur image. Imaginez un peu la scène. T’as le chauffard ivre typique avec sa gang de chums colons. Chauffard ivre en a assez de sa soirée, il veut retourner chez lui. Là, y’a un taré dans le fond de la pièce qui gueule un: “Heille man, tu devrais peut-être appeler Nez Rouge!” suivi d’un gros rire gras d’imbécile qui sous-entend qu’il faudrait vraiment être tata pour appeler là.
Oui, je suis désillusionnée mais avec ce que j’observe quotidiennement, c’est difficile de faire autrement.
De plus, j’ai deux raisons tenaces qui font en sorte que je ne voudrais jamais prendre le risque d’être bénévole pour Nez Rouge:
1- Les raccompagnements se font à des heures où je ne voudrais jamais de la vie être sur la route. On dirait que dans le temps des fêtes, on peut observer une augmentation en flèche de chauffards qui trouvent le moyen de rouler à sens inverse sur les routes et ça, je vous admettrai que ça me stresse énormément. Pas plus tard que ce matin, un autre accident mortel car un taré a trouvé le moyen de rouler à sens inverse sur la 40! On parle même pas d’un petit chemin de campagne creux là… on parle de la 40 à la hauteur de Pointe-aux-Trembles! Depuis le temps, je suis devenue parano et à voir l’évolution des habitudes sur nos routes dans le temps des fêtes d’année en année, je n’ai rien eu à me mettre sous la dent pour me rassurer, mettons.
2- Comme vous l’avez sûrement deviné, j’ai pas de patience. Je suis extrêmement méfiante aussi. J’ai toujours trouvé que c’était pénible d’avoir à dealer avec du monde saoul mort alors que toi, t’es à jeun. Il me semble que c’est encore pire quand c’est du monde que tu ne connais pas et avec qui tu te retrouves dans un espace restreint, c’est-à-dire une voiture. Donc non seulement je trouve ça risqué mais en plus, y’en a une méchante gang qui doit vraiment taper sur les nerfs. Je ne pourrais jamais endurer ça. Oh non.
Pour vous laisser sur une note plus positive, je pense sincèrement que les bénévoles sont des saints et qu’ils se vouent à une cause respectable. Seulement, j’ai l’impression qu’on est devenu un peu naïf depuis que Nez Rouge est un joueur important en cette période de réjouissances. Si vous avez à prendre le volant après une veillée (et que vous êtes en état, bien sûr), soyez extrêmement vigilants. Les fous du volant n’ont pas tous appelé Nez Rouge et ils peuvent parfois réserver de bien mauvaises surprises. Soyez extrêmement prudents.
Et surtout… pas obligé d’être inconscient pour s’amuser! Si on vous aime assez pour vous laisser venir vous saouler à fond la caisse avec les risques de dégâts que ça comprend, c’est sûrement qu’on vous aime assez pour vous endurer une nuit sur le sofa si nécessaire.




Dimanche, 23 décembre 2007 à 9:23
Je suis en partie d’accord avec toi. Effectivement, les épais qui conduisent tout le temps, peu importe leur état, Nez rouge ne les atteint pas du tout. Par contre, je crois qu’on évite quand même plusieurs personnes saoules qui auraient pris le volant sans la présence de Nez rouge.
En fait, je me fis à mon travail. La majorité des employés ont entre 16 et 25 ans. Naturellement cette génération est plus conscientisée au phénomène. Mais le commentaire que j’entends dans les préparatifs du party de Noël du travail, c’est : “J’ai pas d’argent pour payer un taxi, au pire, on prendra Nez rouge”.
Bon je ne dis pas que c’est très intelligent comme raisonnement !!! Mais, Nez rouge offre une solution pas cher et je crois que sans cet organisme, plusieurs auraient tendance à prendre une chance …
Par contre, je suis totalement d’accord avec toi, les bénévoles sont des saints !!! En fait, j’irais même jusqu’à dire que c’est une vocation !!!
Lundi, 24 décembre 2007 à 10:16
De mon côté, je ne bois pas. Je déteste la boisson (sauf celle aux raisins hyper sucrée!). Me retrouver parmis des gens qui sont pompette, c’est effectivement dérangeant. Je fuis ce genre de contacts. Mon chum est invité le 31 décembre dans un genre de party de saoulons, pis il n’a même pas osé me demander si je voulais l’accompagner. Il le sait très bien lol!!!!
À mon party de bureau, je dois avouer qu’il y a des gens assez responsable; mon boss est venu en métro (allooooooo mon boss en métro, une joke), mais il est conscient, mon collègue a cherché partout dans ‘place le numéro de Nez Rouge, pas trouvable. Il a même demandé à un serveur de l’aider à lui trouver le #…. Le serveur lui a filé un mauvais numéro, imagine! Alors je lui ai conseillé de composer le 411.. Il était à ce moment là 17h. Nez Rouge lui a dit de rappeler à 19h, pu de place, complet! Ben oui tsé, y va attendre comme un colon tout seul dans le resto pendant 2h. Pis à 19h, on va y dire quoi? Aie, yé pas 3h du matin là, yé 17h!!!!!!!! Pis sont complet!
Et de mon côté, mon chum ne s’est pas obstiné longtemps, il m’a filé ses clefs! Alors je crois qu’il ne faut pas trop prendre les québecois pour des irresponsables. Les accidents qu’ont voit à la télé liés avec la boisson n’est pas comparable à ceux qui prennent l’initiative d’être prudent. À part la bonne nouvelle TVA, c’est sur que l’ont ne connait pas le nombre de gens intelligents versus les épais! Ya que les mauvaises nouvelle à tivi.
Bon ben j’arrête là, c’est trop long mon affaire!
SOYEZ PRUDENT SUR LES ROUTES, SI VOUS ÊTES AJEUN, D’AUTRES NE LE SONT PAS, ALORS REDOUBLEZ DE PRUDENCE ET JOYEUX NOËL!!!
Lundi, 24 décembre 2007 à 11:00
Comme dit Vegekat Nez Rouge fait partie des plans de la soirée, tout le monde se mets saoul et c’est certain que l’on va appeller Nez Rouge en fin de soirée, c’était décidé avant même que la soirée commence. Nez Rouge n’est plus une solution de rechange mais le complément à une solution bien arrosée pour les trop “cheap” qui ne veulent pas boire et prendre un taxi. La chose par contre que l’on entend pas parler souvent c’est que lorsqu’il y a une heure d’attente pour avoir une “ride” Nez Rouge il y a plusieurs de ces saoul qui décide de ne pas attendre et prendre le volant quand même. J’ai fait Nez Rouge deux ans et les gens que je raccompagnias ne sortaient pas tous de party de Noel, il y en avait pour qui boire à la taverne ce soir là semblait être de la routine alors je me demande bien ce qu’ils font les autres journées quand Nez Rouge n’est pas en service
Lundi, 24 décembre 2007 à 12:38
Joyeux Noël!