J’étudie à la garderie
Je ne vous l’avais pas dit? Ah bien dites donc!
Vous ne me croyez pas?
Bon, d’accord, j’exagère peut-être un peu. Disons que j’étudie au primaire et que je suis mature comparativement à mes compagnons de classe.
Ok. Ok. Je vous explique.
Ce matin, je me rends à mon cours de sociologie au cégep. Pas le cours d’introduction, le deuxième. Donc, il faut au moins être en deuxième année d’études au collège pour le suivre. Bref.
C’est notre troisième et dernier cours consacré aux exposés oraux de fin de session où l’on doit aborder un aspect social présentant un défi et des transformations. La présence de tous est obligatoire sinon, on se fait déduire 5 points sur notre note finale.
Je n’ai pas de patience ce matin. Je me suis fait arracher une dent de sagesse (du bas) hier et je ne croyais pas qu’une fois dégelée, ça pouvait faire aussi mal. Je prends des ibuprofènes de force 4 mais ça n’enlève rien au fait que j’ai de la difficulté à ouvrir la bouche sans souffrir. Puis mon exposé oral… je le faisais ce matin.
Je crois que ça s’est bien passé. Je me suis fait poser beaucoup de questions, je répondais bien tout en remarquant que la moitié du monde faisait tout sauf porter attention à mes propos. Par contre, ils étaient silencieux. Je crois que j’ai su m’imposer au courant de la session.
D’autres équipes se relaient et plus le temps avance, plus ça devient le chaos dans la classe. Vous voulez des exemples?
- Murmures incessants un peu partout
- Des connasses qui fouillent dans leur coffre à crayon, sortent leurs marqueurs de couleurs, rangent les marqueurs de couleur… ressortent les marqueurs de couleur… tentent de faire tenir debout les marqueurs de couleurs… les marqueurs de couleurs crissent le camp à terre, etc.
- Des tatas qui s’amusent à dérouler leurs rubans correcteurs, à en mettre sur leurs bureaux pour s’écrire des petits messages stupides dessus et ensuite les gratter et recommencer.
- Un gars qui essayait de séparer son rouleau de ruban correcteur en deux pour faire je-ne-sais-quoi avec et ledit rouleau se casse en deux dans un fracas accompagné des rires de nunuches des deux filles assises à côté de lui.
- Du monde qui essaient de démonter n’importe quoi dans leur boîte à crayons qui peut se démonter.
- Des gars comme des filles qui s’écrivent des petits mots sur des bouts de papier et se les envoient d’un bout à l’autre des rangées.
- Une fille assise au milieu de la deuxième rangée à partir de l’avant de la classe qui lit une revue à la verticale question que les gens faisant leur exposé voient bien le titre de la revue et la photo en couverture.
- Comme c’est la fin de la session, des gens qui entrent et sortent de la classe sans arrêt pour aller imprimer en douce un rapport de recherche à remettre au courant de la journée.
Étonamment, pour une rare fois, y’a pas eu Miss Connasse qui est sortie précipitamment du cours pour répondre à son cellulaire.
Je n’ai pas vu non plus de gars entrain de découper leur gomme à effacer avec leur paire de ciseaux à bouts ronds et ça, je l’attribue au fait qu’au cégep, il n’est généralement plus nécessaire de traîner une telle paire de ciseaux.
Le prof a rien fait. Le connaissant, je crois que c’était une façon de faire sentir aux gens en avant (qui adoptent en majorité ce genre de comportements durant la session) comment il pouvait parfois se sentir lorsqu’il essayait de donner un cours en avant.
Personnellement, il y avait un latino qui me tapait royalement sur les nerfs assis drette en avant de moi entouré de ses deux nunuches. Pour employer les termes du primaire (pour rester dans l’esprit de ce texte), je serais tentée de le traiter de bébé lala. LOL Puis un moment donné, il se retourne pour passer une remarque à moi et à la conne assise à côté de moi (qui trippe dessus de toute évidence) et là, je me tanne. En réussissant à n’émettre qu’un son difficilement perceptible mais en articulant bien, il a très bien compris mon message qui était: “Non mais tu la fermes tu ta yeule? Ta gueule. TA GUEULE.” Le tout accompagné d’un regard meurtrier digne de la pire des rages de dent. Il a compris. Le trio de nunuches était sous le choc que j’aie pu parler ainsi à leur beau.
Ah misère.
Je trouve le cégep extrêmement pénible. C’est pourquoi je vais probablement prendre tous mes cours à distance à la session prochaine pour terminer mon DEC.




Lundi, 10 décembre 2007 à 9:52
je ne veux pas te décevoir mais à l’université ce n’est pas mieux, au travail ce n’est pas mieux. Il n’a rien de plus insultant que de faire une présentation devant un groupe et de voir quelqu’un “gosser” son Blackberry ou sortir parce que son cellualire sonne. Le problème c’est le civisme, les gens ne se souviennent plus c’est quoi la politesse et ils n’ont pas assez de couilles pour s’affirmer. Si ça ne te tente pas d’être à la présentation reste chez vous ou a ton bureau et assume les conséquences malheureusement les gens ne sont pas capable d’assumer et en plus il manque de civisme
Mardi, 11 décembre 2007 à 1:21
@Y-man: Noooooooooooooooooooooooooon! Ne brise pas mes illusioms!!! (Joke.) Oui, je suis consciente de ça, ce n’est qu’une manifestation parmi tant d’autre du manque de civisme d’une trop grande partie de la population. Selon le contexte, cela peut se manifester autrement et je trouve ça déplorable, particulièrement dans les cas où quelqu’un fait une présentation. 100% d’accord avec toi quand tu dis que les gens ne s’assument pas, je crois que c’est un des plus gros défis à relever dans nos sociétés occidentales. Assumer ses gestes, ses qualités, ses défauts, sa personne, enfin… Tu comprends.
Mardi, 11 décembre 2007 à 8:08
Idem, j’ai été sidérée à mon arrivée à l’Université de voir que les gens n’ont aucun respect pour le prof qui donne le cours. La moitié de la classe arrive en retard (pas en retard genre 10 min, un retard généralisé qui s’étale sur trois heures), les entrées et les sortie sont incessantes (genre Miss-pas-capable-d’attendre-la-pause-pour-aller-me-chercher-un-café-cheap) et, qui plus est, l’envoie de message texte durant certains cours doit totaliser la moitié des profits que les compagnies de téléphones cellulaires reçoivent sur cette option. Tout ça pour dire que : Lâches pas, t’as pas fini! ;P
Mardi, 11 décembre 2007 à 10:14
Hahaha! J’allais écrire sensiblement la même chose que Y-man!
J’ai étudié dans un petit bacc (en moyenne 30 à 60 étudiants par cours) et un jour j’en ai eu plein mon casss d’être dérangée par des connasses qui parlaient de ” tsé le gars super militant du bacc en génie là.. ben imagine toi donc que…” je me suis tournée pour leur dire que le jour où leur blabla vaudrait 250$ par cours, j’allais m’inscrire mais que là, si ce que le prof disait n’faisait pas leur affaire, de sortir.
Oui, j’ai passé pour un air bête.. mais cliss que j’ai eu une belle fin de session après ça!
Persiste et signe chère noisette!
Mercredi, 12 décembre 2007 à 6:45
Le Cégep, les deux pires années de ta vie ou les six plus belles.
Mercredi, 12 décembre 2007 à 9:06
@La belle lurette: Oui, je n’en reviens pas qu’à l’université, il n’y ait pas eu un certain écrémage. lol Par contre, j’ai remarqué que dans les classes où le prof inspire le respect et indique clairement dès le départ qu’il n’endurera pas de tels comportements, on a la paix. J’ai l’intention d’enseigner plus tard au collégial ou au niveau universitaire et je ferai partie de ces profs qui mettent leur pied à terre et qui prennent la peine de préciser que la maternelle, c’est pas ici
héhéhé
@Poussière d’étoiles: J’adore ta réplique! lol C’est justement, je suis probablement comme toi (selon ce que je m’imagine de toi
), je ne me laisse pas écoeurer non plus et en général, ça fonctionne bien. Il faut arrêter d’avoir peur d’avoir l’air bête et s’affirmer, sinon, c’est pas vivable. Sauf que malheureusement, on peut pas changer le monde à nous toutes seules
@ Jean-Benoît Pouliot: Personnellement, c’est plus que les 2 pires années de ma vie. Comme j’ai décroché après ma première année de cégep et que j’ai trop peu de patience pour endurer de telles inepties à 8 cours par session, on peut dire que grosso modo, ça fait un peu plus de 3 ans que j’y suis.
Mais là, j’ai ben hâte que ça soit fini
Contrairement au dude à l’asso étudiante qui lui a encore le statut d’étudiant et ça fait au moins 8 ans qu’il y est… Misère.
Jeudi, 13 décembre 2007 à 12:31
On ne peut pas changer le monde … mais l’argument économique (pour une fois qu’il nuit pas lui!) peut toujours changer ton monde…
L’écoute est une vertu qui est partie à l’asile dans ce monde individualiste où tout le monde a quelque chose à dire, à tout moment et où tous ont besoin de leur moment de gloire : que ce soit à la star ac ou dans un cours! (pouhaha je pète ma coche.. mais j’ai tout de même un blog.. m’enfin!)
(Eille, j’tu crinquée moé là? Ouais… Je vais aller dormir et peut-être que demain j’aurai honte de cette coche)