Harper et la guerre aux drogues
Notre gouvernement conservateur s’attaque à une nouvelle cible: la drogue. Le projet viserait surtout les producteurs et les vendeurs, du moins, si je me fie à l’article du Devoir de ce matin sur le sujet. À voir les propositions des Conservateurs, soit avoir recours essentiellement à une plus grande répression, je doute fort que les simples consommateurs seront épargnés.
“Le gouvernement souhaite également faire passer de 7 à 14 ans la peine maximale pour la production de cannabis à grande échelle.“
Là, arrêtons-nous un instant. J’aimerais qu’on mette tout d’abord certaines choses en perspective.
Vous souvenez-vous de Benoît Guay? Ce policier qui avait été reconnu coupable d’agressions sexuelles, de voies de fait graves et de menaces de mort? Plus précisément, il avait commis des viols sur huit jeunes femmes âgées entre 15 et 20 ans et ils les menaçaient avec son arme de service pour arriver à ses fins. Comme il aura passé 16 mois en détention préventive, on lui donna cinq ans à purger au pénitencier avec, si je me souviens bien, possibilité de libération conditionnelle au 2/3 de sa peine.
Vous souvenez-vous de tous ces pédophiles qui ont eu des sentences bonbons dépassant rarement deux ans souvent commuées en traitement psychiatrique et qui ont majoritairement récidivé par la suite sans qu’on ne soit plus sévères avec eux?
J’aimerais qu’on m’explique en quoi faire pousser du pot est plus répréhensible et mérite une peine plus sévère qu’un viol?
Le but n’est pas de prendre position pour ou contre la drogue. Qu’on soit dans un camp comme dans l’autre, on s’entend pour dire que la drogue peut avoir des conséquences néfastes sur un individu. Sauf que force est d’admettre que le consommateur a fait lui-même le choix de consommer. Selon moi, le rôle de l’État n’est pas de nous protéger contre nous-même. Le code criminel devrait s’en tenir à sévir contre ceux qui causent du tort aux autres sans leur consentement. Ça touche la fraude, le vol d’identité, le viol, le meurtre, les voies de fait, etc, la liste est longue.
Certaines drogues peuvent mener à des comportements dangereux chez certains individus envers les autres. Vous avez tous vu au moins un reportage sur le Crystal Meth où des personnes sous influence pouvaient être prêts à aller jusqu’à tuer leur mère pour avoir de l’argent pour s’en procurer d’autres. C’est carrément inacceptable. Aussi inacceptable que tous ces chauffards ivres qui fauchent des vies sous l’effet de l’alcool. Faut-il interdire l’alcool? Non. Par contre, il faut interdire des comportements dangereux liés à la consommation d’alcool. Pourquoi n’en est-il pas de même pour la drogue?
Ah mais là! C’est pas pareil, l’alcool est légal alors que la drogue ne l’est pas. RIDICULE! Une trop grande proportion de gens voient les lois comme LA référence absolue pour juger si une chose est bonne ou mauvaise. Il y a un paquet de choses qui ont été illégales (et qui le sont encore dans certains pays) à une époque et ça nous fait sursauter quand on y pense aujourd’hui. Pensons entre autre à l’homosexualité. Il faut parfois remettre les choses en question. Souvent même. Je crois que l’adultère peut servir de bon exemple. Il y a encore des pays où l’adultère est passible de peines très sévères, dont la lapidation. Il est vrai que l’adultère est souvent mal vu par une bonne partie de la population. Ce n’est généralement pas un acte qui suscite l’approbation. Autant on peut être contre l’adultère, faut-il aller jusqu’à le rendre illégal? Jusqu’à le punir par le biais de notre système judiciaire? Non parce que dans le fond, ce n’est pas de nos affaires.
Pratiquer la répression par souci de moralité, ça ne fait pour moi aucun sens. “On va te
mettre en prison parce que ce que tu fais, c’est pas bon pour ta santé.” Alors suivons cette logique et mettons en prison tous ceux qui mangent mal, qui ne font pas d’exercice, qui fument, qui boivent plus qu’un verre d’alcool à la fois, qui se mettent trop de pression au boulot, qui ne dorment pas assez, qui ont des relations sexuelles non protégées, etc. Par conséquent, il faudra également punir plus sévèrement tous les gens impliqués dans une partie du problème. Tout le monde finirait en prison d’une façon ou d’une autre.
C’est pourquoi il faut arrêter de traiter certaines catégories de personnes comme des criminels, que l’on approuve ou non leur choix de vie. On devrait plutôt concentrer nos énergies à faire en sorte que l’information circule le plus possible afin d’être accessible par le plus grand nombre. La prévention vaut toujours mieux que la répression. Vous vous rappelez comment la prohibition de l’alcool avait été inefficace? La cible n’était pas la bonne. Des hommes se sont enrichis de façon démesurée grâce à cette prohibition. Vous ne faites pas le parallèle avec autre chose?
Laissons les prisons accueillir les gens qui sont de véritables dangers pour autrui et laissez les autres tranquilles.
En terminant, à ceux qui en ont surtout contre les gangs de rue et ces gros caïds qui se jouent du système: Dites-vous bien que ce n’est certainement pas en leur laissant le monopole de la drogue qu’on réussira à enrayer le problème.




Jeudi, 27 mars 2008 à 12:53
Bravo! Superbe!
En ce qui concerne les vrais criminels, il faudrait passer plus de temps à étudier psychiatriquement leur comportement.
Une chanson de Mononc’ Serge (www.mononc.com) juste pour se marrer:
C’était dimanche après-midi au square Berri
La police procède à l’arrestation d’un squeege
Ils fouillent dans ses poches, ils lui passent les menottes
Et qu’est-ce qu’ils trouvent: un demi gramme de pot
Les polices confisquent la matière dangeureuse
Pis après leur shift ils s’en vont aux danseuses
Dans le stationnement avant d’entrer
Ils se roulent un gros joint avec le pot confisqué
En chantant Marijuana, marijuana, marijuana
Non à la légalisation de la marijuana
Marijuana, marijuana, marijuana, marijuana
Chaque fois qu’les bœufs avaient envie de stock gratis
Le squeege s’faisait arrêter par la police
Chaque semaine il s’faisait pincer avec du cannabis
Le juge lui a donc donné la sentence la plus christ
Le laveur de vitre s’est ramassé en prison
Le juge est rentré fumer un joint à maison
Et le lendemain ce brave gardien de nos valeurs
Partait en Thaïlande se taper des p’tites mineures
En chantant Marijuana, marijuana, marijuana
Non à la légalisation de la marijuana
Marijuana, marijuana, marijuana, marijuana
Le squeege en d’dans essayait d’passer l’temps
Il a vite été incité à descendre d’un cran
C’tait quequ’ chose de bin plus fort qu’la marijuana
Qu’les gardiens lui vendaient pour arrondir leurs fins d’mois
Quelque temps après not’ loser est mort d’overdose
Et pendant que le laveur de winshield repose
Ottawa envisage de rendre le pot légal
Oui, mais seulement à des fins médicales
Comprenons l’hésitation des morons d’Ottawa
Ils veulent pas faire de peine à leu’ chums d’la mafia
Et comme c’est là, le pot génère des milliers d’emplois
Chez ‘es gardiens de prisons les juges et les avocats
Marijuana, marijuana, marijuana
Non à la légalisation de la marijuana
Marijuana, marijuana, marijuana, marijuana
Jeudi, 27 mars 2008 à 12:59
@ Davidg : Le pire, c’est que ça arrive souvent…
Puis coudonc toi! Tu fouilles plus mon blogue que moi! Je me sens flattée…